Hémorragie sévère du postpartum et taux de fibrinogène Biblio Dr Amoussou Géraud Mardi 17 Juillet 2012

Cette analyse d’un sous-groupe de la vaste enquête épidémiologique française PITHAGORE6 recherche des corrélations entre des éléments clinico-biologiques et la sévérité de l’hémorragie du post-partum.

Publiée dans le British Journal of Anaesthesia cette année, elle suggère, après régression logistique multivariée sur 738 patientes, qu’un faible taux de fibrinogène est un facteur de risque indépendant d’hémorragie sévère du postpartum, avec un Odds Ratio de 1,9 entre 2 et 3 g/l et de 11,9 en dessous de 2 g/l.

Ces données viennent confirmer celles de Charbit et coll publiées en 2007 établies sur 128 patientes. On peut souligner les faiblesses de l’étude actuelle : surreprésentation des hémorragies graves dans l’échantillon, fibrinogène dosé après le début de l’hémorragie. Ses forces sont incontestablement la taille de l’échantillon et la qualité de l’analyse statistique. De plus, les informations qu’elles nous apportent sont importantes pour faire évoluer nos pratiques. Elle nous permet de reconsidérer d’une part les seuils de traitement préconisés par nos sociétés savantes (1 g/l pour les Britanniques, 2 g/l pour les Français). Et de réévaluer d’autre part la place du fibrinogène dans notre arsenal thérapeutique. Etant donné les délais nécessaires et le risque lié aux produits sanguins labiles, la facilité d’accès du fibrinogène, ses faibles risques infectieux et immunogènes et les données statistiques de cette étude plaident pour son utilisation précoce au cours d’une hémorragie de la délivrance. Quelle dose ? Peut-on avoir un dosage biologique plus précoce ? Ces données sont encore manquantes, mais ne vont certainement pas manquer de faire débat ces prochaines années...