Métabolisme du fer par le Dr Alain Fajardy

Qui n’est pas resté dubitatif quelquefois devant les résultats d’un bilan martial ? D’autres dosages biologiques seraient-ils judicieux dans certains cas ? Quelle forme galénique est-elle la plus adaptée pour mon patient ? A l’heure où l’épargne transfusionnelle est recommandée, la recharge martiale ne doit plus être considérée comme accessoire.
Un retour aux fondamentaux guidé par le Dr Fajardy vous est proposé.

Après une partie terminologie et historique, le Dr Fajardy nous a rappelé que le rôle du fer dans l’organisme ne se résume pas à l’érythropoïèse.
Une revue très fine de tous les aspects du métabolisme a ensuite été abordée : cycle du fer dans l’organisme, absorption, pertes, rôle des protéines porteuses, régulation de l’absorption, sortie de l’organisme, métabolisme intracellulaire...
Ont ensuite été abordées les surcharges martiales et les anémies avec leur classification.

L’occasion de rappeler que le rendement des apports digestifs du fer est faible (10-15%). Le fer alimentaire le mieux absorbé est le fer héminique (celui des globules rouges) , alors que le fer non héminique est le plus fréquent dans la ration alimentaire, mais son absorbtion est faible et dépend des autres nutriments.
Pendant la grossesse, les besoins en fer sont augmentés.

Deux protéines ont été identifiée qui jouent un rôle dans l’absorption du fer : L’Hepcidine et la protéine HFE. Il existe des protéines porteuses du fer. Parmui elles la transferrine et la ferritine. La ferritine représente le compartiment de réserve de l’organisme. C’est aussi une protéine de l’inflammation. Il existe deux types de récepteurs de la transferrine qui ont des rôles différents. Pour les récepteurs de type 1, on peut doser les récepteurs solubles de la transferrine. Ils sont augmentés en cas d’anémie par carence martiale. La régulation intracellulaire du fer fait appel à des mécanismes transcriptionnels fins.

Dans l’hémochromatose, le coefficient de staturation de la transferrine est le paramètre qui s’élève à un stade précoce. Secondairement, la ferritine s’élève aussi.
Dans les carences martiales, le coefficient de saturation de la transferrine est < à 0,33 et les récepteurs solubles de la transferrine sont élevés.
Dans les états inflammatoires chroniques, le fer est détourné dans le système macrophagique et l’érythropoïèse fonctionne mal. On parle d’anémie des affections chroniques (AAC). La ferritine est souvent élevée.
Le dosage des récepteurs solubles de la transferrine (sTR) permet de distinguer les deux types d’anémie. Le rapport sTR/log(ferritine) est proposé dans les publications dans cet objectif. Il défini une AAC s’il est <1 et une anémie par carence martiale ou mixte s’il est >2.

Le fer n’est pas recommandé dans les AAC pures. Cependant, le fer intraveineux peut avoir des effets bénéfiques dans certaines maladies inflammatoires : il a un effet anti TNF alpha dans la polyarthrite rhumatoïde, et les patients répondent bien au traitement dans les maladies inflammatoires de l’intestin. Dans les anémies mixtes enfin, il pourrait combler la partie carentielle.

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