Morphine et hyperalgésie Un exposé de haut vol par le Pr Marcel Chauvin

Un auditoire nombreux était présent ce mardi 12 juin pour écouter la conférence du Pr M. Chauvin sur le concept d’hyperalgésie morphinique.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les morphiniques ne font pas que soulager. Ils sensibilisent aussi l’organisme à la douleur. Si bien qu’un dosage excessif peut être responsable d’un rebond douloureux très rapide. Certains récepteurs biochimiques dans la moelle épinière appelés "NMDA" jouent un rôle important dans la cascade de réactions chimiques responsable de cette sensibilisation.

Il existe des médicaments qui antagonisent cette hyperalgésie.

Certains agissent en bloquant les récepteurs NMDA, comme la kétamine, le protoxyde d’azote ou la lidocaïne. D’autres ont un ou plusieurs autres sites d’action dans cette cascade, comme les anti-cox2 (Célébrex(r)) ou certains antiépileptiques (Neurontin(r)). C’est aussi le cas du néfopam (Acupan(r)) ou du tramadol (Contramal(r), Topalgic(r)).

Afin de bloquer l’apparition de cette hyperalgésie, il faudrait prendre de nouvelles habitudes.

D’abord utiliser modérément la morphine et ses dérivés. Ensuite employer plus largement les médicaments anti-hyperalgésiques, en association, et le plus tôt possible. C’est la raison de l’apparition dans la prémédication avant une chirurgie de Célébrex(r) ou de Neurontin(r) par exemple. Enfin, il faudrait privilégier les techniques d’anesthésie locorégionale ou d’infiltration, comme l’infiltration péri-cicatricielle continue dont l’efficacité a récemment été démontrée en chirurgie abdominale.

Vous pouvez réécouter l’intégralité de l’exposé en suivant ce lien.